La première édition de ce livre date de 1926, et la seconde à peine retouchée, de 1943. Les années n'en ont altéré ni le sens, ni les éléments essentiels, ni la force.
C'est, selon l'auteur lui-même, un ouvrage de bonne foi, pour ne point recourir au concept galvaudé d'objectivité. Sur la plupart, pour ne pas dire l'unanimité de ses pareils, il a cette supériorité d'être vrai, et de prédire, à peu de choses près ce qui est advenu depuis.
Tous ont cru que l'islamisme céderait le pas, en orient, devant les nationalismes laïcs, arabe, persan, turc, kurde, etc. Dès les années 20, le Père Lammens concluait que cette vue était erronée.
Tous, ou presque, croyaient entre les deux guerres que le sentiment religieux, chez les peuples de l'Islam, irait en se laïcisant - notre auteur démontrait sobrement le contraire. Comment ne pas tenir compte de ses travaux?
Islamologue, arabisant, orientaliste, le Père Lammens pouvait être gratifié de toutes les qualités professionnelles qui caractérisent ces domaines. Sans doute possédait-il, en plus de ces connaissances, la Connaissance fondamentale, qui vient du coeur.
D'autres avant lui, de Gobineau à Lawrence, avaient tracé la voie sur le terrain de la littérature ou de l'aventure. Il lui appartenait, le premier, de donner à cette démarche une rigueur scientifique, et historique.
N'est-ce pas, en somme, en regardant la face des morts à la lueur des torches, que Saint Antoine, découvrit le secret de la Vie?
Ecrit en 1926
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